Rénovation énergétique : l’équation du financement
La Convention citoyenne pour le climat fixait en 2021 un cap vertigineux : 20 millions de logements à rénover globalement d'ici 2030, soit 800 000 par an. Budget estimé : 22 milliards annuels dont 15,5 milliards pour les seules passoires thermiques. Réalité 2026 : l'Anah dispose de 3,4 milliards pour la rénovation énergétique, en baisse de 555 millions. Elle vise au mieux 120 000 rénovations d'ampleur et 150 000 gestes.
Le budget public ne suffira pas
L'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) enfonce le clou : tenir les objectifs climatiques nécessiterait 14 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2030 en comptant MaPrimeRénov', la TVA réduite et l'éco-PTZ. Pour Yann Danion (CAPEB), la stabilité du budget Anah mérite d'être saluée vu la rigueur budgétaire, mais le montant reste insuffisant face aux objectifs de la SNBC 3. Loïc Chapeaux (FFB) et Matthieu Jourdan (Acorus) plaident pour un engagement étatique pluriannuel sanctuarisé comme une loi de programmation militaire, quasi impossible vu le contexte politique.
Rénovation globale étalée et capitaux privés
La CAPEB défend depuis deux ans la rénovation globale par geste : atteindre la même performance finale mais sur quatre-cinq ans au lieu de tout faire d'un coup. Avantage : reste à charge mieux réparti, pas besoin de libérer le logement, temps pour contrôler et éviter fraudes ou malfaçons. La FFB soutient cette "troisième voie" entre geste isolé et rénovation brutale. Côté financement privé, plusieurs pistes émergent. Le prêt avance rénovation opérationnel depuis septembre 2024 cible les ménages modestes avec intérêts payés par l'État pendant dix ans. Le projet FiRéno+ (Ademe) explore le financement participatif et les prêts entre particuliers. L'Observatoire de l'immobilier durable martèle : mobiliser davantage de capitaux privés via incitations fiscales et marchés dédiés devient crucial.