Près de 91 900 logements ont bénéficié en 2024 d’une rénovation énergétique d’ampleur avec une aide de l’Anah (Agence nationale de l’habitat). Le montant moyen des travaux atteint 41 500 euros, avec un taux de prise en charge moyen de 63 %. Concrètement, cela change beaucoup de choses pour votre budget si vous êtes propriétaire d’une maison ou d’un appartement énergivore.
Passoires thermiques rénovées, aides MaPrimeRénov’ Ampleur, copropriétés qui se lancent : derrière ces chiffres, il y a une vraie question pour vous : combien ça coûte vraiment, et combien il vous reste à sortir de votre poche pour rénover votre logement.
Ce que disent les chiffres 2024 sur le coût des rénovations d’ampleur
Une rénovation dite "d’ampleur" correspond à un bouquet de travaux important (isolation, chauffage, ventilation, etc.), qui permet un vrai saut de performance énergétique, et non un simple petit rafraîchissement.
En 2024, les données publiées par le Service des données et études statistiques (SDES) donnent une photographie très concrète :
- 91 900 logements ont engagé une rénovation d’ampleur avec une aide de l’Anah.
- Le montant moyen des travaux est de 41 500 euros par logement.
- Le taux moyen de prise en charge par l’Anah est de 63 %.
Autrement dit, pour un projet "type" à 41 500 euros, la part moyenne financée par l’Anah représente 63 % de cette somme. Le reste est à la charge du ménage, éventuellement complété par d’autres aides ou un prêt.
Combien reste-t-il réellement à payer pour un ménage ?
Si l’on reste sur les chiffres moyens, une rénovation d’ampleur à 41 500 euros avec 63 % de prise en charge signifie que :
- 63 % des 41 500 euros sont couverts par l’Anah.
- 37 % restent à la charge du ménage (épargne, prêt, autres aides).
Sans entrer dans des calculs détaillés au centime près, ces proportions montrent deux choses importantes pour votre budget :
- Le coût "brut" des travaux est élevé, on parle de dizaines de milliers d’euros.
- Mais la subvention moyenne couvre une part majoritaire du projet, ce qui réduit fortement le reste à payer.
Pour vous, propriétaire d’une passoire thermique ou copropriétaire dans un immeuble ancien, cela signifie qu’un projet de rénovation globale n’est plus réservé aux ménages les plus aisés. L’effort financier reste conséquent, mais il est très loin du montant total des travaux.
Qui profite le plus des aides MaPrimeRénov’ Ampleur ?
Les chiffres montrent aussi comment les aides sont réparties selon le profil des ménages et le type de logement.
Les ménages modestes particulièrement aidés
- Les ménages modestes concentrent 43 % des opérations via MaPrimeRénov’ Ampleur.
- Les ménages plus aisés ne représentent que 12 % des opérations.
MaPrimeRénov’ Ampleur est la version de MaPrimeRénov’ dédiée aux rénovations importantes, avec un fort gain énergétique. Le fait que 43 % des opérations concernent des ménages modestes montre que le dispositif est particulièrement calibré pour eux : plus vos revenus sont bas, plus le taux d’aide peut être élevé dans la pratique.
Pour un ménage modeste propriétaire d’une maison mal isolée, ces chiffres indiquent clairement que :
- Vous avez statistiquement plus de chances de bénéficier d’une prise en charge importante.
- Votre reste à charge peut être bien inférieur à celui d’un ménage plus aisé pour un projet de même ampleur.
Les passoires thermiques en ligne de mire
Les logements les plus mal classés au DPE (les fameuses "passoires thermiques", souvent en F ou G) sont au cœur de ces rénovations :
- 46 800 passoires thermiques ont été rénovées.
- Ces passoires représentent 51 % des logements aidés.
- Parmi les bénéficiaires de MaPrimeRénov’ Ampleur, cette part grimpe à 74 %.
Si votre logement est classé F ou G au DPE, vous faites donc partie de la cible prioritaire des aides. Concrètement, cela peut se traduire par :
- Un accès facilité aux subventions.
- Un taux de prise en charge potentiellement plus élevé, car votre logement est parmi les plus énergivores.
Sur le plan budgétaire, rénover une passoire thermique peut donc être l’opération la plus intéressante en termes de rapport "argent investi / aides perçues / économies d’énergie à la clé".
Copropriétés, bailleurs : quel impact sur votre budget ?
Les copropriétés très présentes dans les rénovations
Les chiffres montrent que les copropriétés représentent 42 % des rénovations d’ampleur aidées.
Si vous êtes copropriétaire dans un immeuble ancien, cela signifie plusieurs choses pour votre portefeuille :
- Les projets de rénovation globale en copropriété (isolation de façade, toiture, chauffage collectif) sont désormais fréquents.
- Une part importante de ces projets bénéficie d’aides publiques via l’Anah.
- Votre appel de fonds pour travaux peut donc être nettement allégé par les subventions, même si vous devez tout de même financer une partie.
Les décisions se prennent en assemblée générale, mais ces chiffres montrent que de nombreuses copropriétés ont déjà franchi le pas, avec un soutien financier significatif.
Loc’Avantages encore marginal, mais existant
Le dispositif Loc’Avantages, qui encourage les propriétaires bailleurs à louer à un loyer modéré en échange d’avantages fiscaux, ne représente que 3 % des rénovations d’ampleur aidées.
Pour un bailleur, cela signifie que :
- Le gros des rénovations d’ampleur aidées passe aujourd’hui par d’autres canaux (notamment MaPrimeRénov’ Ampleur).
- Loc’Avantages reste une option, mais encore peu utilisée dans ce type de gros travaux.
Si vous louez un logement énergivore, il peut être pertinent de regarder comment combiner une rénovation aidée par l’Anah avec votre stratégie de location, mais les chiffres montrent que ce n’est pas encore le schéma le plus courant.
Conclusion : un gros budget travaux, mais un reste à charge loin d’être insurmontable
Avec un montant moyen de travaux de 41 500 euros et un taux de prise en charge moyen de 63 %, la rénovation énergétique d’ampleur reste une opération lourde, mais largement subventionnée pour les ménages qui se lancent.
Pour vous, propriétaire d’une maison ou d’un appartement mal classé au DPE, ces chiffres se traduisent par :
- Un coût brut important, mais un reste à charge nettement réduit grâce aux aides.
- Une priorité donnée aux ménages modestes et aux passoires thermiques, avec 46 800 logements très énergivores déjà rénovés.
- Des copropriétés de plus en plus engagées dans des projets globaux, où les subventions viennent alléger les appels de fonds.
Avant de vous lancer, l’étape clé reste de faire réaliser un DPE et, pour un projet global, un audit énergétique. Cela permet de cibler les bons travaux et d’optimiser les aides auxquelles vous pouvez prétendre, afin de maîtriser au mieux votre reste à charge.